metropolis

Situation éditoriale n°4


Alors donc nous sommes en 2007, année du cochon, sale temps sur la planète, l'hiver trop doux file des poux à tout le monde, de ce côté-ci de l'hémisphère cérébral. On râle à peu près sur tout, avec plus ou moins de talent... In Situ ! prend le contre-pied de l'époque pour goûter la saveur du temps, l'immense privilège d'être en vie. Porte ouverte aux inconnus coeur en fête. C'est vous, c'est moi, mes amis, mes ennemis : Tout est bientôt fini, ramdam-pata-plouf dans le cosmos ! Adieu ma peau, mes os, ma joie, ma peine ! Faut s'magner le popotin ! Oser plonger les yeux ouverts dans l'expérience ! Apprendre à soulever plus vite les jupes des filles... Donc, disais-je, cette aventure nous distingue, d'emblée In Situ ! s'amuse beaucoup à prendre le contre-pied de l'époque. Jusqu'ici personne n'a compris comment notre petite revue révolutionnaire pouvait être si sérieuse sans esprit de sérieux (à quoi bon vivre si ce n'est pour nourrir les contradictions...) Mais voici venu le temps du Roulement de tambour... brrrrrrammm !!! J'ai le plaisir d'annoncer la naissance de RADIO IN SITU ! radio décomplexée, en duplex de New-York, il est question d'un band de Jazz nommé THE HUB et qui déchire l'atmosphère pluvieuse. Ah la musique ! L'or du son !... Notre n°4 est tout entier consacré à son miracle. L'élégant JORDI SAVALL nous offre un entretien de feu, généreux comme son verbe catalan. GILLES CANTAGREL, érudit passionné et passionnant, réécrit l'histoire en racontant la rencontre de Bach l'ancien avec le vieux Telemann. Mais comme chacun sait, l'antiquité préférait la puissance du symbole aux rigidités du concept, c'est donc avec une joie non dissimilée qu'In Situ ! présente ce texte sur l'ARS ORATORIA (Eléments de symbolique sonore dans les cantates et les passions). Dois-je avouer cette corruption interne ? Nunzio d'Annibale a profité de son texte sur VIVALDI pour ruiner les caisses locales en s'envolant pour Venezia, le temps d'une prose habile et vertigineuse. Le bougre est revenu par l'Espagne pour nous chanter la grandeur du FLAMENCO. Quand au sieur Denys, fidèle au grand BACH, il nous a convaincu autour d'une bouteille de vin fin, de la valeur artistique de son band norvégien de métalleux virtuoses, nommés MESHUGGAH. Ca va dégraisser sec les oreilles de nos lecteurs, car le roi David en profite pour fragmenter sa pensée sur la musique, et s'offrir le luxe d'inviter six guitares pour un festin électrique qui tend à la MEDIATION (histoire de chatouiller le menton aux faiseurs d'étiquettes en tous genres, prompts à démolir toute réalisation créatrice.) Faire danser toutes les combinaisons d'électrons, voilà le pari d'In Situ ! Parier sur la croissance, la force de vie nous amène à recentrer, excentrer les pôles en imitant la nature. Avez-vous vu combien tout ce résume à une érection ? Mais voici la nécessité : In Situ ! se doit d'innover à chaque numéro, de prouver son ambition en renouvelant la critique, en réinventant l'usage de la diffusion VIDEO, dans une époque qui conchie la perspective historique. Jordi Savall ancre sa pratique dans le temps, il nous offre 10 minutes d'intenses démonstrations de ce qui l'anime joliment.

David Laurens Atria