
Comiques involontaires !
Règles de jeu :
1) Copier-coller ou recopier un extrait d'une publication quelconque.
2) Re-titrer cet extrait choisi pour en faire apparaître tout le comique involontaire.
3) Il s'agit de percer à jour l'esprit de sérieux comme une faute de goût inadmissible en matière de savoir vivre donc de savoir lire donc de savoir écrire.
4) Un commentaire léger de cet extrait est admis mais pas obligatoire.
5) Citer les sources très exactes de votre choix.
6) Rien ni personne ne doit être épargné : pas même les incritiquables fondateurs d'In Situ !
7) Libre à vous de signer ou non votre papier.
8) La mère Ubu attend votre participation qu'elle publiera telles quelles ou rejettera en bloc selon sa singulière manière de censurer.
9) Les deux exemples ci-joints devront servir de modèle jusqu'à ce que de meilleurs exemples fassent naturellement autorités.
Preuve N°2.
Gaston Ferdière n'est pas peu fier.
(Auteur : Gaston Ferdière ; source : in la revue La Tour de Feu, décembre 1971, page 29)
Extrait :
« Je me garderai donc d'entrer ici dans une discussion relative à la valeur de la sismothérapie et au rôle que quelques séances d'électrochoc ont pu jouer dans le cas Artaud. Je suis cependant obligé d'enfoncer un clou jamais assez enfoncé : l'application de l'électrochoc est rigoureusement indolore - contrairement aux affirmations de journalistes et de romanciers en mal de copie. Seul le réveil peut s'accompagner de manifestations anxieuses, justement au moment de la reprise de la conscience et de la reconstruction de la personnalité. Encore cette anxiété passagère est-elle interprétée par un certain nombre comme un phénomène favorable. »
Commentaire :
Rappelons seulement qu'Artaud est mort en 1948 et que Ferdière a écrit et signé ces mots en Décembre 1971.
Preuve N° 3
Ah ! Talvera, Talvera !
Ou la « Planétisation de l'Amour »
(Auteur : Alain Santacreu ; Source : la revue Contrelittérature et Pourquoi la littérature sur le site de Joseph Vebret.)
Florilège :
1.
« Ce qui nous importe dans la royauté du Christ, c'est qu'elle rend tout pouvoir humain illégitime et, par là même, tout État qui ne serait pas l'État parousique de la surconscience.
Aussi, la mondialisation, en tant qu'hégémonie planétaire de l'État de l'inconscience - au sens freudien du terme - annonce-t-elle le règne totalitaire de l'infra-humain. La
mondialisation, en tant que triomphe final de l'universalisme, est ce qui, en dernier lieu, s'oppose à la catholicité, c'est-à-dire à la planétisation de l'Amour. »
2.
"Je est un autre" ne signifie pas que cet "autre" me soit transcendant : l'enfer rimbaldien, c'est précisément cette lucidité qui me fait voir l'infra-humanité de l'autre que je
suis. »
3.
« Le roman moderne est l'emblème spécifique de la civilisation bourgeoise du signe. Quant à la « littérature contraire », même si elle s'oppose aux valeurs de la modernité,
elle reste empêtrée dans la pensée du signe et il y a en elle une fascination pour le Mal qui la rend luciférienne. »
4.
« Dans les moments les plus importants de notre vie, les distinctions aristotéliciennes n'ont plus cours. En transparence se révèle le message de la Sophia perennis
qui n'est autre que la Dame, virginale et glorieuse, dont la clarté, n'étant adultérée par aucune finalité extérieure, pénètre jusqu'aux confins du monde et de l'âme. Si nous
consentions à être illuminés de cette lumière, si nous consentions à cet ensoleillement de l'être que Notre-Dame nous dispense dans l'auguste présence de son rayonnement,
alors nous comprendrions que le Surnaturel est le fond même de la nature. Aux confins de la nature, le Surnaturel déploie les fastes rubescents de son règne. Ce
pourquoi, en effet, les chants des oiseaux et les splendeurs de la lumière sur la mer sont la louange du Seigneur. »
5.
« Métaphoriquement, les oeuvres de la littérature authentique sont écrites en boustrophédon - comme ces inscriptions du grec archaïque qui se lisaient de droite
à gauche et de gauche à droite. Le point du retournement de l'écriture correspond à la jonction du lisant et de l'écrivant. C'est depuis ce lieu qu'il nous faut écrire :
seule, la fixité de la Croix nous libère de la fictivité des signes. Si les structures esthétiques peuvent être mises en rapport avec les structures sociales, le roman est le genre littéraire
de l'idéologie du signe. Rêver d'un nouveau Moyen-Âge de la littérature, d'un roman du roman qui serait la littérature que la contrelittérature désigne : le retour du symbolique. Il
n'y a de pensée vivante que du symbole, toute pensée du signe est funeste. »
Commentaire :
Quelle machine à remonter le temps ! Ah, Talvera, quel talent ! Méwui, Méwui, tout est gris, foutu, fini, tout va mal dans le Monde du Mal, tout est corrompu et souillé par la
« fictivité des signes. »
Et, bien entendu, le grand Satan, c'est le roman.
Ah ! Vivement le nouveau Moyen-Âge et le Culte de la vierge qu'on puisse lui bouffer le cul boustrophédonnement.
On connaît la chanson.
Non merci.
Ciao Névrosi !
N. D', un anonyme du 23ème Siècle.