
Chers lecteurs et lectrices,
In Situ !, la seule et unique revue qui soit véritablement de son temps, ne pouvait raisonnablement donner à lire, pour présenter son numéro 0, un éditorial, ni même un
« manifesse suréalisse », pas même un « pam-pam-o-phlesse homo-communiste » et encore moins un rapport sur la déconstruction des situationnistes eux-mêmes, ni d'ailleurs
aucune autre forme connue sans prendre automatiquement son lecteur pour un con. In Situ ! se devait, dès le début, de rester au coeur de la chose, dans le nerf de la guerre,
in situ, justement, nel mezzo del camin' di nostra vita nova, in medias res, et ne pouvait le faire que de la manière suivante :
Les liaisons dangereuses.
(Roman épistolaire)
Lettres recueillies par quelques-uns et publiées pour quelques autres...
Première lettre.
Du Vicomte d'Annibale au Marquis de St-Denys.
Au Château du Marquis de S...
« Raphaël,
Trêve de cachotteries, je suis le fils caché de Debord et de Rosa Luxembourg, mais j'ai été élevé jusqu'à l'âge de déraison par Breton et Omar Khayyâm qui m'ont eux aussi
abandonné. Récupéré par Arthur Cravan, crevant de faim à la fin je fus nourri au sein par Artaud, mais Cravan, jaloux, m'arracha aux tétons d'Artaud pour me confier, contre
toute attente, à Kundera et Sollers, qui m'ont ensuite lâchés à l'air libre dès qu'ils ont pu et depuis j'ai pris mon envol, et depuis, j'ai cherché à en savoir plus sur mes ancêtres,
j'ai lu Potlatch, les Lèvres Nues, L' I. S., Tel Quel, Maintenant, l'Infini, l'Atelier du Roman, la Révolution Surréaliste et surtout les oeuvres en marge, et en marge, comme souvent,
se trouvait le plus important, mais depuis lors, l'idée d'une revue ne m'a pas quitté, ne me quitte plus, et me hante même depuis que j'ai fait connaissance avec les amis que vous
êtes toi et David, élevés au même grain, par les mêmes déserteurs de dix-sept familles et d'autant de nations. J'y ai réfléchi maintes fois depuis (lors) et (alors) je me suis dit :
Diantre ! Fichtre ! Merdre ! Que diable pouvons-nous faire nous trois que seuls nous trois pouvons faire plutôt que seul chacun dans son coin sans l'un ni l'autre ni tiers, quoi,
alors quoi, quand, comment ? Quand : de suite, et vite, plus vite, plus vite... Quoi ? Une revue, dans la tradition de nos pères, en mieux, en pire, il est normal de tuer son Père et
de coucher avec la Mère et autres incesteries, mais une revue bien pornographique, nous sommes tellement naturellement obscènes ! Comment ? Sur Internet, et vite, plus vite
que ça, de suite, dénichant un hébergeur de Blog que nous détournerons en Revue à trois têtes, puis que nous ouvrirons à quelques vauriens qui valent mieux que les autres...
selon nous...voilà, maintenant...Quel titre ? »
Lettre II.
Du Denys au d'Annibale.
Au château du Cardinal de R...
Nunzio,
Je suis, en effet, avec quelques autres, l'enfant terrible d'un siècle qui naquit en mourrant, impossible pour moi de faire comme si n'avaient pas eu lieu guerres en tous genres et
notamment occultes, révolutions ou ce qui se prétendait telle, dévastations planifiées de plus en plus techniques, lobotomie programmée et autres joyeusetés en ce genre.
Et au milieu de tout cela, oeuvres à foison, recherches, expérimentations, revues et remous d'avant-gardes (littéraires, artistiques, politiques) dont nous pourrions nous moquer
après tout, après coups, n'était que, précisément, elles ne répondaient toutes qu'à la seule question qui nous préoccupe réellement, la très quotidienne situation de l'homme dans
le Temps.
Beaucoup d'agitation pour rien m'direz-vous ? Ça n'est pas sûr. Cécités des uns, surdités des autres, grosso modo servitude volontaire générale ? Oui, à quelques exceptions
près, ces exceptions étant naturellement des oeuvres. Des oeuvres face auxquelles la plus noble des révolutions ne tient pas.
Lettre III.
Du St Atrium au profane Annibal.
De la forêt des Ardennes...
Nunzio,
Joyeux Noël !
On peut relâcher nos épaules : après deux heures de discussions intempestives, il offrit enfin ses bons services de manières totalement désintéressée.
La perspective "Dada" (le non-esprit de sérieux, une revue non-strictement littéraire... le non engagement politique au sens courant...) tout cela et bien d'autres précisions
auront fini de le réchauffer. Il a même, le coco, daigné sortir de sa bouche ce nom pour la revue qui personnellement me convient - le bougre a critiqué sainement tes
propositions, sûr de lui, martelant qu'il nous faut un titre bref, efficient. Donc : IN SITU ! - Qu'en penses-tu ? Je me réjouis d'être en 2006. Je me repose d'une année intense
et passe de fêtes en fêtes; toutes allègrement arrosées, gastronomiques, chantantes.
Je me réjouis de vous revoir. Bonne année. Grande santé. Au plaisir de nous voir enfin publiés !
Ciao.
David Laurens Atria dit St-Atrium...
Lettre IV.
De l'impur Nunzio au métisse Raphaël.
De l'Abbaye de Ste-Chimay...
Cher Negro spiritual...
...cinque sur cinque !
Ok pour In Situ !, absolument d'accord ! Je crois que vous avez raison sur à peu près tout... Alors proposez, allons-y, traînons pas plus, pour le graphisme, au plus sobre,
au plus lisible, au plus efficace, le choix des photos et autres décorations devra être aussi intelligent que l'art du montage chez Debord... « Le rapport entre les images, le
commentaire et les sous-titres n'est ni complémentaire, ni indifférent. Il vise à être lui-même critique » dit-il à propos de Critique de la séparation, qui est, je crois, le film de
Debord que je préfère. Je veux que nous réfléchissions à cette revue avec cette phrase en tête. Que l'on considère le tout comme un montage et que la somme des informations,
comme tout, soit elle-même critique. Soyons mensuels ou saisonniers, pour commencer, mais Internet suppose que tout ce qui est prêt peut être inséré à l'instant et lu de même.
Par thème, non, je ne pensais pas à cela, mais qui sait ? Je pensais plutôt à une revue qui nous laisserait chacun libre, sans sujet imposé, et où le lieu nous unirait fatalement, les
textes faisant le reste. L'unité n'a pas lieu d'être dans le thème, notre union est plus fondamentale, elle sautera aux yeux du lecteur sans qu'on ait besoin de gros titres. Maîtres
absolus, cela va sans dire... En trafiquant un peu les pages d'un Blog « Haut et fort », on obtient de bons résultats qui ne ressemblent plus du tout à une page « Haut et fort »
mais à une revue, noir sur fond blanc, très lisible. Commençons par le commencement, nous les aurons à l'usure. Je viens fin février en Belgique, qu'en penses-tu ? Je croise les
doigts 24h/24, nous verrons bien.
A bientôt.
Nunzio.
Lettre V.
De l'ordinateur de Nunzio à l'ordonnateur David.
D'où ça ? Qu'importe...
David,
Peut-on se voir Lundi ou Mardi, je suis de repos ces deux jours là. As-tu reçu mon mail sur la revue? J'attends vos remarques!
Ciao.
Nunzio le zio zio...oiznun!
Lettre VI.
De David le Psaume à Nunzio l'Apocalypse...
De son château en Espagne...
Nunzio,
Raphaël est à la campagne jusqu'à demain... il m'avait envoyé un message avant de partir. J'espérais qu'il l'aurait lu juste avant, mais... Ok pour le compte "Haut et fort".
Joyeux noël mon ami, allez-en paix, heureux, le coeur chantant... toi-moi, on est tombé comme Obélix dans un bain de haschich quand on était môme... (cela expliquerait
l'humeur globalement euphorisante...) ET BONNE ANNÉE!!! J'ai vu combien nos voeux sont déjà réalisés ! Ca va chauffer dans l'âtre, et puis mordiller chaque jour un peu
plus d'espace...
Salut vieux frère.
Lettre VII.
De Raphaël au pochtron nunziesque...
De dedans sa bouteille...
Bien cher ami,
Meilleurs voeux Nunzio !
J'ai eu l'occasion de montrer à David la page d'introduction d'In Situ ! Que vous dire, sinon qu'elle est parfaite, engageante et tout et tout et tout à fait dans la veine de ce
que j'espérais. Vous êtes évidemment le bienvenu quand vous voudrez, et le plus tôt sera le mieux. Fin février ? Nous y serons vite, en attendant, travaillons cette revue,
renouvelons chaque jour nos vies, qui ne sont, bien entendu, qu'une mise en situation permanente. Peux-tu me faire parvenir ton adresse physique de manière à ce que je
puisse t'envoyer des documents de toutes sortes - je pense, notamment, et pourquoi pas, à des dessins. Ne perdons pas notre temps avec l'Asensio Inc., des alliés (et alliées)
nous en trouverons naturellement, sans rien forcer, comme cela a toujours été le cas d'ailleurs, pour vous, comme pour moi. Soyez heureux, comme je le suis, cher ami, et à
très bientôt ?
Raph.
Lettre VIII.
De l'infâme Nunzio au sublimissime Raphayël...
De là où il est...
Cher Raph,
Petit à petit j'avance, je cherche d'abord à faire en sorte que ce site ne ressemble en rien à un "blog"; première chose : ce fond blanc vous convient-il? Et In Situ, comment
l'écrivons-nous? In Situ! Ou sans point d'exclamation, sans majuscule, qu'en pensez-vous? Titre en rouge, ça vous va? Ma petite réussite : j'ai foutu en l'air le bas de page
"Haut et fort" qui pourrit tous les blogs à la con, ne reste que la barre du haut que je n'arrive pas à virer à grand coup de pied au cul, mais ça viendra. Noir sur blanc, comme
dans un livre, cela me paraît le plus juste. Mais alors pour le contenu? Ce numéro 0? Que faire, quels textes, comment, proposez, vendez, achetez...! Quelles images? J'attends
de vos nouvelles! Bon anniversaire, frère adoptif! Défroqué du cerveau que vous êtes! A mort les curés de tous bords: Viva la libertà!
Zio-zio de Trazom!
Ps : Bonne année à toi David! Tout cela est valable pour toi, sauf l'anniversaire, bien entendaire!
Lettre IX
De Nunzio à Raphaël
De chez la présidente de Montreuil...
Raph,
Je suis de retour d'Amsterdam, vraiment bouillonnant face à vos remarques et vos propositions... quant à la Tour de Babel, c'est exactement ce qu'il nous faut pour l'instant;
je m'occupe de tout cela très vite, un email dans la nuit, demain midi je suis chez David...et un autre email demain soir, soyez attentif...pareil pour vous, David le frénétique!
J'ai protégé l'accès au site pour l'instant: Identifiant : trazom ; Mot de passe: paradis. Et quand nous serons d'accord sur tout, nous en libérerons l'accès. N'est-ce pas plus
judicieux? A vous de voir.
A bientôt, à tout de suite...
Nunzio le zio-zio virevoltant!
Lettre XI.
Nunzio à Raph et au buveur de jus de fruits...
D'un bar Pmu...
Cher Raphaël, cher David,
Je vais vous dire mon avis, je suis ravi, étonné, en pleine combustion, quelle leçon, tous les jours, et sans professeur, sans prof ni soeur, sans prêtre ni mère Supérieure,
une leçon de clarté, ininterrompue, sans ordres, je vais exposer mes pensées, et la pertinence de la première entraînera la brillance de la deuxième qui mettre en valeur la suite
non moins sublime, oui, Raphaël, je cherche, je fouille le langage Htlm pour comprendre, pour trouver une meilleure présentation, mais je crois bien que déjà, cela ne ressemble
plus au « blog » traditionnel. J'ai choisi, pour l'instant, et jusqu'à nouvel ordre, ces couleurs tape-à-l'oeil, dans un but clairement ironique. Je veux que notre prose soit entourée
de kitch, qu'en pensez-vous ? Et que le plus grand art, de Bruegel à Debord, côtoient le tape-à-l'oeil le plus sordide. Ensuite, pour ta couleur, bleu gris, je ne la trouve pas très
lisible, et Maria est de mon avis, c'est pour cela que j'ai choisi ce bleu plus clair...qu'en pense David ? Je suis totalement d'accord. La question de la filiation, directement, « il est
normal de tuer ses parents » comme disait le bon Succo, criminel par nécessité. Et même tuer père et mère et plus si affinités il y a avec d'autres ; lâcher tout mais bien conscient
de la route déjà parcourue par d'autres, bien conscient de ce qu'on y perd et de ce que l'on va y gagner. Et la chose est simple, à mon avis, nous sommes clairement dans une
situation où nous cherchons le dépassement du Situationniste dans l'art, tout le contraire, apparemment, du Situationniste qui cherchait le dépassement de l'art dans le
situationnisme «En fin de compte les oeuvres seules nous diversifient.» écrivait Debord dès Hurlements en faveur de Sade, peu importe qu'il s'agisse, ou non, d'un détournement,
la phrase est là, très importante, il est déjà tout seul, seul au milieu des situationnistes. Seul du début à la fin. Non pardon, il y avait Alice qui était là, comme il le dit au dernier
moment dans Panégyrique. Notre position de contre-révolutionnaires, à ne pas oublier. La deuxième partie du texte de Raphaël me semble presque utilisable telle quelle pour la
rubrique « à propos », que j'ai renommé, « Sans Issue Collective », Qu'en pensez-vous ? Une idée me vient (oui, cela arrive) : pour la revue N° 0. Pourquoi ne pas retravailler
notre correspondance pour en faire une sorte de roman épistolaire de la naissance de la revue qui, au-delà des belles formulations que nous sommes si habiles à trouver,
rendrait compte avec plus de réalisme et d'humour de la complexité de nos raisons à créer cette revue, étant déjà, In Situ !, dans l'échange et dans le verbe, dans la chose se
faisant, c'est on ne peut plus...In Situ !, justement. Qu'en pensez-vous ? Peux-tu retrouver, SVP Raphaël, l'interview de Sloterdijk dont tu nous a parlé une fois...où il finit pas
dire cela, qu'il n'y a plus rien à sauver. Une citation pour notre revue serait indispensable, je pense. Merci d'avance.
A bientôt,
Nunzio qui bouillonnent, (oui oui, « ent », je suis plusieur!S ! ce soir !)
Lettre XIII.
Raphaël aux deux autres.
De ses appartements liégeois...
Chers amis,
OK pour le côté tape l'oeil puisqu'il est absolument voulu. Quant à mon bleu gris chéri, inutile de chicaner, nous verrons tout cela une fois nos textes rassemblés.
D'accord également pour garder pour l'instant la seconde partie de mon texte, la première est intéressante, mais à retravailler. La question de la filiation est, en effet, primordiale.
Filiation, désaccord et mise à distance. Il n'est pas exclu, d'ailleurs, de nous positionner par rapport à Ligne de Risque. Haenel par exemple, tient à se positionner contre
Houellebecq, lorsqu'il nous pond cette perle : « Ce n'est pas la biologie qui ouvre la vie éternelle, mais l'éternel retour des phrases qui nous rend à chaque instant immortel »
Bref ! Récapitulons donc. Pour ce numéro 0, Nunzio propose un micro roman épistolaire autour de la création de la revue. Aucune objection. Deuxième point, et pour peu
qu'il ne fasse pas redite au premier, la filiation. Je propose que nous écrivions chacun un texte sur ce sujet (quitte au final à les regrouper en un seul). Seconde introduction,
donc, en forme de manifeste. Troisième point. Le journal in time (en référence à Topor, là encore). In time et non pas intime, je vous ai dit et répété combien je me contrefiche
de mon nombril. J'entends donc un journal de bord de nos mises en situation. (Il n'est pas exclu, bien évidemment, d'en provoquer...). Dites-moi. (A reformuler ou enlever)
Quatrième et dernier point pour l'instant : les rubriques. (Idées reçues, Comique involontaire, Ecce Homo, Dictionnaire du Charabia (IMPERATIVEMENT !), Citations et
Slogans, Journaux in-times, Eloges de quelques-uns qui valent mieux que d'autres.) Il n'est que de mettre de l'ordre dans tout cela. En attendant, soyez heureux, c'est tout ce
qui compte.
Raph.
P.S. : Je crois avoir encore l'interview de Sloterdijk, cher Nunzio, mais il s'agissait d'une interview télé. Je te montrerai ça le mois prochain.
Lettre XIV.
Davide à Raphaël.
De la rue Hölderlin, Paris 36ème arrdt...
Raph, Welcome in Paris ! - plus rien d'autres en ligne de mire que l'écriture, la dèche, une terre promise, des coups de rouge, et des coups de sang, puis l'or de nos discussions !
Enfin le Denys pur jus !!! Celui qu'on aime plus que les autres ! - des couilles, du verbe en abondance, de l'inspiration à décoiffer ! Je sens un souffle nouveau dans tes phrases
l'ami ! Une vigueur retrouvée ! ça va ch...! sec et fruité ! Salut et félicitations pour ton texte d'introduction que je trouve très à propos.
Sogni d'oro, l'ami très cher.
Le Sicilien.
Lettre XV.
Raphaël à Nunzio.
De sa province de Liège...
Salut l'ami,
D'abord une question : Les bandes titres, sur le site de notre revue, changent chaque jour de couleur ! Idem pour la mise en page qui diffère quotidiennement !
Est-ce vous qui vous vous y amusez ou bien ai-je la berlue ou bois-je trop de Chimay ?! (Je vous demande tout ceci car, une fois de plus, je n'y connais strictement rien à la
translation de données sur le net). Venons-en à la question du numéro 0. Il serait, il me semble, tout à fait logique que nous nous positionnions par rapport à nos prédécesseurs
(voir notamment la première note éditoriale du premier numéro de l' I.S., ainsi que mon texte d'introduction qui s'en est directement inspiré). In Situ ! En situation permanente.
Mais par rapport à quoi ? Nos corps d'abord ensuite nos bouillonnants cerveaux ensuite celui des autres et puis et puis et puis... Mise au point donc que nous pouvons effectuer
de diverses façons. Textes mais aussi séries de questions que nous nous soumettrions les uns les autres. J'attends les vôtres. Voici, enfin, une série d'images que nous pourrions
utiliser et qui, en outre, pourraient nous insuffler quelques idées pour des textes futurs. Choisissons, trions, composons... Et vogue la chaloupe ! J'attends vos questions, vos
propositions, vos objections avec force impatience.
Votre très affectionné,
Raphaël.
Lettre XVI.
Nunzio aux autres...
De Montreuil, le 11 Janvier 2006.
Chers vous deux,
... Ligne de risque, étrange, en effet, cet éternel retour des phrases ne me plaît pas, je préfèrerai un éternel retour des frasques ! Comment peut-on partir des mêmes saines
lectures pour en arriver à des conclusions si divergentes ! En avant pour Les liaisons dangereuses ! Roman épistolaire d'une revue-pistolet, Epîtres entre pitres ! Je me charge de
cela. Date d'ouverture de la revue 23 mars, qu'en pensez-vous ?
David, impossible de lire ton fichier « Jésus », dieu sait pourquoi !
Voilà ce que je puis dire pour l'instant. Avec en tête, après le roman épistolaire, une salve sur la filiation, belle perspective, non ?
Nunzio le ZIO Zio zio...éternel guerrier contre l'éternel retour des curés.
Lettre XVII.
Encore Raphaël, encore aux deux autres.
De son lit défait...
Mes très chers hémisphères cérébraux,
Comment allez-vous ? Apparemment nous sommes tous d'accord sur la formule : revue au rythme des saisons ; et son contenu : textes et rubriques (ou chroniques)
personnelles, d'une part. Rubriques en commun de l'autre. Avec, ceci dit, en sus, une place réservée à un invité de notre choix (mais nous verrons cela plus tard).
Cette citation de Glamorama, pour notre site, dans la rubriques Slogans et Citation : « ...très vite on a pu voir que la chirurgie esthétique avait privé de toute expression tant
de femmes et d'hommes dans cette fête, et une actrice ne cessait de s'essuyer la bouche avec une serviette pour empêcher la bave de couler parce qu'on lui avait injecté trop
de matière grasse dans les lèvres. »
Ellis aux enfers !
Raph !
Lettre XVIII
Epître aux Belgiens.
De ses appartements montreuillois.
Cher vous deux de mes deux :
Quelques nouvelles d'aucun front, si ce n'est tout droit sorties de dedans mon front, deux trois réponses sans questions, mil pensées entremêlées, d'abord, à mort les curé(e)s
de tous bords, ensuite, mes amis, bientôt le n° 0 d' In Situ ! Les lésions dangereuses, les légions dangereuses, les liégeois dangereux ! In Situ ! ou le plus court chemin qui mène
à rien...donc au tout, à l'être. Vite ! « Sauf les filles et le vin, tout est rien », « Viva le femine, Viva 'l buon' vino, sosten' en gloria, l'umanità...E aperta...à tutti cuanti,
Viva la libertà ! » In vino libertas, in vino féminas, in vino tout sauf la veritas, le vérité est la dernière chose qui m'intéresse, j'ai toujours préféré les masques, les mensonges,
le vie qui est un songe et qui se dénonce comme telle, comme dans Calderon de la Barca, comme dans tout l'Art baroque, dont je suis le continuateur, et qui a commencé avec
le big-bang, qui finira brûlé par le soleil, nous ne serons pas là pour le voir, foutaises ! déjà, moi je le vois, l'apocalypse tout en ellipse, il est là, en même temps que le
commencement, dans le même mouvement, en même temps que l'âge d'Or, la vie est polyphonique, comme l'histoire et comme le temps, l'existentiel et l'historique et l'historial,
tout a lieu en même temps, dans une messe pas catholique, mais baroque à coup sûr, baroque comme le coeur du Saint des Saints, St Pierre, la colonne en spirale torsadée du
Bernin, voilà l'infini tout en matière, comme quoi, rien n'est impossible, que faire pendant la matière avec la matière ? Il faut demander au Bernin, il s'y connaît, regardez un peu
cette Ste Thérèse en extase :

Son habit est froissé comme après une étreinte rapide, juste la jupe retroussée. Grande supériorité du catholicisme... la théâtralisation. Le Bernin, ou comment l'Eglise se
désacralise elle-même par le théâtre.
Donc, j'avance bien avec le Paradis de Sollers, beaucoup de mots et de jeux, peu d'idées, c'est sur le papier, donc, rien de lisible pour l'instant, le sujet me passionne et
j'ai entendu ton appel, Raphaël, faire Oeuvre, ou rien. Je fais de mon mieux. Je vous assure. Il faudra, lors de notre encontre, définir les deux trois axiomes de ce jeu
paradisiaque.
Mon roman avance, doucement, mais il faut que je prenne bien le temps de le réussir, ce n'est pas mon premier roman, c'est le quatrième, j'en ai déjà raté 3, il ne faudrait pas
rater ce qui est déjà, à mon avis, en voie de réussite partielle. Il y a cette histoire des dialogues à régler, où comment, combien ? Les métaphores, l'argument à dynamiter, éviter
tout ce qui me barbe dans une « story », coller les morceaux, intelligemment pimenter les temps faibles, éviter la mécanique des temps forts, je préfère la syncope et la rupture
à la cadence. Ce n'est pas tout, il faut fuguer, que tout thème abordé soit relativisé par des variations, que le son diffère le sens, que le clair et l'obscure soit bien partagés,
c'est un opéra fabuleux, très facile de le rater. Ellis maîtrise par exemple le dialogue à la perfection, mais, je n'arrive pas à comprendre encore comme il fait, je n'arrive même
pas à l'imiter, ça viendra. Omar Khayyâm m'enchante, m'électrise, m'encourage, Paradis me justifie, me donne raison, m'aide à continuer sans me poser de fausses questions.
Je suis amoureux...de manière générale, de ma propre vie.
Pour toi, Raphaël, mon texte sur Khayyâm (La presse Littéraire N° 4, Mars 2006) qui je l'espère, trouvera en toi, une résonance particulière. David l'a lu, déjà, et m'en a fait
une pertinente critique et un bel éloge. Je crois que tu aurais pu écrire exactement la même chose à ta manière. Nous en parlerons...je réserve toujours mon pastiche de
Bernhard pour une lecture publique dans vos appartements privés à Liège.
Merci pour vos 24 oreilles attentives.
Nunzio, buveur et coureur, courant la bouteille, buvant sous les jupes.
Lettre XIX.
De l'ami d'Artaud à l'ami de Breton et l'ami de Rilke...
Du Rïjksmuseum...
Salut les aminches,
Comment allez-vous ?
D'abord merci Nunzio pour ton Omar, c'est de toute beauté, ça coule comme vin et houblon, c'est précis, léger, profond, instructif, c'est en effet un texte que j'aurais pu écrire,
n'était que vous connaissez Omar infiniment mieux que moi. Merci pour le site, mais tous les compliments reviennent à Xavier qui a pris un soin tout particulier à le concevoir.
Je suis d'avis avec Nunzio qu'il nous faut pour In Situ ! une architecture aussi simple et aussi sobre que celle employée ici. Je vous invite, ce dit entre parenthèses, à visiter le
blog de tonton Sollers, pour le plaisir d'abord, mais aussi pour vous faire une idée de ce que (visuellement parlant) nous devrions, il me semble, absolument éviter.
Voici l'adresse : http//:sollers.jubiiblog.fr/
Un mot sur Jourde, juste un mot il n'en vaut pas plus : Ce monsieur a beau avoir raison sur Meyronnis, Haenel (ça n'est pas bien difficile), son style n'en demeure pas moins
pénible et poussif au possible. Ça manque cruellement de verve et de couilles, c'est, en gros, aussi mesquin que sa pseudo-pensée, ou disons plutôt que son
pseudo-esprit-critiqueu ! Bref, il m'a tout l'air d'un valet doublé d'un idiot : un pamphlétaire démocratique, il chasse son gibier avec un cure dent... Passons.
Je rebondis, si j'ose dire, sur le Bernin. Vous avez visé juste. C'est vrai que je rêve souvent d'aller toucher l'une ou l'autre oeuvre de cet extraordinaire sculpteur. Ça sera chose
faite, un jour, j'en suis sûr. Il faut toucher les oeuvres, nous disait un prof d'histoire de l'art, et pas seulement les sculptures, nom de dieu, les tableaux aussi, comment
voulez-vous, sans cela, comprendre ce que c'est que la peinture ? Excentricité murmuraient ses collègues ! Peine perdue, le virus était passé. Ô sacrilège, nous enfreignions
la loi, nous touchions ! Ici Van Gogh, là Rembrandt, Turner ou Teniers. Sans parler, évidemment, de Rodin. C'était plus fort que nous. Tout le secret de la peinture résidait
dans la compréhension de la matière. Même le plus fin des glacis est matière, voyez-vous bien. Pour comprendre réellement la peinture, il nous fallait en arriver au constat,
simple, que nos yeux étaient faits de la même substance que ce que nous voyions. Qu'en désirant la peinture, nous nous désirions nous-mêmes. Que nous désirions la matière
même, comme nous désirions toucher et dévorer des filles, des femmes, et leur peau, leur cul, leur con sans distinction.
Nunzio prit pour exemple le Bernin, il faut pour ma part que je vous montre ce qui est pour moi l'un des sommets de l'art pictural de tous les temps, voici Hendrickje, maîtresse
de Rembrandt, se baignant dans une rivière :

Ce tableau me rend littéralement fou, gaga, sans voix. Voyez comme il peint ce front, ce fond, ces cuisses, ces mains, et par-dessus tout, cette chemise. Les cons diront :
fait à la va vite, pas assez réaliste. La question, évidemment, n'est pas là. Il s'agit de la pure peinture, de la vie, non pas de la réalité mais du réel. Même Bruegel ne me donne
pas, à ce point, la sensation de la peinture, je veux dire de la matière et de la vie. J'entends : de la vie qui bat, de la vie qui bouge. Ne cherchez pas, aucun flamand ne l'égale.
Ne serait-ce que par son côté italien. Nul doute qu'en peignant ce tableau Rembrandt pensa Casanova et à moi, bien sûr, qui suis comme lui de sang flamand, et chaud et même
bouillant comme il arrive quelque fois. Regardez bien ce tableau, il est mille et une fois plus subversif que l'Origine du monde de Courbet. Regardez encore une fois cette
chemise, regardez ces coups de pinceau, ces empâtements, cette lumière, c'est le désir même qui y est peint, l'appétit de vivre de Rembrandt et le mien par contagion, par la
même occasion.
Raph Van Rijs (Rijs, en flamand si je me souviens bien, signifie chemin).
A bientôt.
Lettre XX (bis)
De Nunzio au clair et à l'obscur...
Du stade de San Siro à Milan...
Chers Davidenys,
Voilà bien toute ma sotte rapidité et toute mon incompétente incompétence démasquée! Oui, cela vous convient, ce Week-end là...j'en suis heureux, organisez tout ce que vous
voulez, j'y participerai avec tous les débordements nécessaires à notre court passage sur cette terre! Raphaël, peux-tu préparer 5 questions que tu aimerais poser à Sollers à
propos de Paradis et 1 question sur Une vie divine ou ses derniers romans. J'en prépare 5 autres sur Paradis que je relis en ce moment plus 1 sur les derniers romans et David
en prépare 8 sur Une vie divine qu'il va commencer à lire aujourd'hui. Nous allons essayer de le rencontrer pour un entretien, en ta présence, je l'espère, et ce, pour La presse
Littéraire. Sollers à donné son accord de principe à David Samedi.
J'aimerais que l'on revienne avec lui sur Paradis, et car je crois que ce livre polyphonique est particulièrement important en ces temps généralement monodiques et monotones...
(à part toi et David, bien entendu)...
Et puis quelle belle rencontre ce serait.
David : merci encore pour hier, la correction attentive de mon texte...
E apperta a tutti cuanti...mais personne ne veut y venir! Pourquoi? Parce que: Viva la libertà!
Dom Nunziovanni!
Lettre XX (ter)
David à Nunzio.
Quelque part dans Paris...
Nunzio,
Salut à toi ô vieille âme !
Quant à moi, je n'en finis pas de m'encanailler, m'imbiber, hier c'était au Champagne... ...j'ai fait écouter tes chansons à Pierre qui trouve que tu as une très bonne voix, et de
fort bons textes...Bref, ne t'étonnes pas si j'ai pris deux rides quand on se verra dimanche 12 heures ! Qu'il fut bon de fêter la fin de cette année 2005 riche intérieurement,
extérieurement, par tous les côtés qu'on la prenne... Je nous souhaite le meilleur pour cette année et le meilleur c'est nous ! Grand cru ! Que ce château Lustucru au nom farfelu
d'In Situ ! - je penche vers la droite en faveur du point d'exclamation... mes autres avis dès dimanche... Maria est-elle toujours aussi jolie, vive, intelligente... ? - j'ai vanté ses
qualités de cuisinière métissée à mon père qui d'ores et déjà lui réserve une table courant 2006 ! Ah oui ! Demain je vais voir Mary de Ferrara ! Te raconterai ! Bon je te laisse
(il est 7h mais je n'ai pas dormi assez). Triste est ta correspondance avec Asensio, je suis bien d'accord... savent pas danser voilà tout ! - dixit le bon Nietzsche ! Ah oui ! J'ai
commencé Une vie Divine, Raphaël aussi, je crois. J'suis content de lui avoir offert L'immortalité que toi même tu m'avais gracieusement offert. Ce sera un plaisir non feint que
de te raconter mes dernières péripéties... Ah ça non ! la vie n'en a pas encore fini avec nous ! Ah oui ! J'adore Chaplin en ce moment dans mon coeur ! Quel génie ! Ciao
l'amoroso de la vita ! A dimanche ! Adios !
Lettre XXI.
David aux deux autres.
De l'église St Gervais en Isle...
Nunzio, Raphaël,
Nous devons nous attendre à des questions du genre : « Â qui vous adressez-vous ? » Je pense qu'il faut préparer mentalement, individuellement et/ou collectivement des
réponses qui doivent justifier In Situ ! Quelle est notre ligne, notre approche de l'art, de la littérature, de la musique...je veux, je souhaite qu'un de nous trouve la formule en
trois phrases qui résumerait qui nous sommes. C'est décisif. Surtout si on a à faire à des esprits aussi vifs que Sollers. Il doit voir où nous sommes, en deux secondes et demie.
C'est mon avis. Utilisons le texte d'introduction de Raphaël, ou quelque formulation savante de l'ami D'Annibale, ou encore ses slogans ricaneurs trouvés en moins de deux.
Il faut avancer groupés. Au moins pour le temps que va durer la rencontre. Dites-moi ce que vous en pensez...
Exemple : Ligne de Risque : objectif avoué : Penser le Néant de l'être et du Non être à travers le Nihil du Vide actif, spectaculairement achevé.
Je viens de parcourir les entretiens de Sollers avec Ligne de Risque, et (ce n'est pas un scoop !), nous sommes ailleurs ! Où ? Partout !
Et puis, Nunzio a raison, on doit pouvoir expliquer pourquoi nous avons choisi le média Internet...Qu'est-ce qu'il nous semble possible de dire, de vivre, d'explorer,
d'expérimenter sur Internet que la revue habituelle n'exploite pas, ou plus, ou pas encore...
En quoi notre position est-elle « In situ ! », en situation, mise en question chaque jour nouveau où se meuvent nos corps et nos esprits...A bas le bla-bla ! Pourrait-on écrire...
encore faut-il que cela soit visible d'emblée ! Sinon : fessées, raclées, giclées d'insultes en tous genres nous attendent au pied de la lettre !
Nous ne rejetons rien, n'est-ce pas ? pas même cette satanée image, dès lors où nous sentons souffler sur nos épaules le vent qui porte l'esprit...désolé, sono italiano...
si vous oubliez cette donnée, vous passerez à côté de mon être ! - J'écoutais à la BPI La Norma de Bellini par La Callas : eh bien les gars ! pur chef d'oeuvre ! Quel talent pur,
l'italien commença par la fin, c'est moi qui vous le dit, c'est à dire par la simplicité ! (Mais c'est tout de même savant, intelligent, charmant...) Bref : tâchons de conserver
cette vie qui nous traverse et nous donne de bonnes couleurs. Il y aurait un drapeau chamarré à étendre, suspendre si nous n'étions pas tous les trois si réfractaires à l'idée de
Collectivité !
Notre centre : le goût !
Chassons le ton vicelard, celui qui vomit l'époque à chaque phrase, j'aime quand Nunzio me rétorque : « Tu sais David, je pense sincèrement que nous vivons un âge d'Or dont
personne ne veut voir les beautés » Alors Nunzi, toi le lecteur de Scarpetta, organise-nous avec talent une soirée rencontre, une rencontre arrosée au fin fond d'une soirée
parisienne, de celles où nous aimons perdre pieds, tant le monde est riche de courants contraires, d'arts séculaires, tous plus provocants les uns que les autres...Mais
aujourd'hui aussi la création foisonne ! Entonne des chants qui s'appuient sur de vénérables traditions...La poésie n'attend rien pour naître chaque instant, elle n'a même pas
besoin, Ô vertige ! d'un corps humain - à moins que si ! - pour se manifester...
Quelle est la chose qui se perd le plus facilement dans un moment troublé ? Le sourire...ouverture discrète du coin des lèvres et qui proclame au quidam vengeur,
poing fermé, gueule éclatée par les veines écarlates et la colère (c'est du vécu) : « Tu sais mon gars, c'est bon d'être moi... »
David
Lettre XXII.
David aux deux pitres.
Dans le train entre Paris et Liège...
Cher vous deux,
Donc, j'ai eu Sollers au téléphone, contre toute attente, il est intéressé par notre revue sur Internet, il semble d'accord pour un entretien de fond sur Paradis... ce serait parfait
pour le numéro 1..., qu'en pensez-vous ? La filiation et en invité : Ph. Sollers sur son plus beau livre, Paradis comme manifeste qui ne mène nulle part, on va s'amuser, et que
faire d'autre finalement ? Rien ou travailler à ne rien faire, chanter, aimer les femmes, se promener, regarder tout ce qui est beau, fuir tout ce qui est laid, lire Paradis, c'est la
même chose, la vie même, voilà, voilà tout, prendre tout ce qui nous plaît et refuser le reste...
David le métisse belgo-italo-franco-ailleurs...
Lettre XXIII.
Raphaël aux musiciens...
Du château du Marquis de S.
Le goût, en effet : « Je respecte les goûts, les fantaisies : quelques baroques qu'elles soient, je les trouve toutes respectables, et parce qu'on en est pas le maître, et parce que
la plus singulière et la plus bizarre de toutes, bien analysée, remonte toujours à un principe de délicatesse. » 23-24 novembre 1783, Sade à sa femme.
Je suis chez un ami, nous avons fêté tous les saints la même journée.
Bon, ok, pour le N° 1, et si Sollers nous demande pourquoi sur Internet plutôt que sur papier, nous lui rappellerons les présupposés de notre génération, et puis, sur Internet,
la polyphonie est plus grande : textes, images, fichiers audio, fichiers vidéos, souplesse et rapidité. Impossible sur papier !
David, tu devrais nous finir et aboutir cette petite pièce pour violon que tu nous a joué l'autre soir, comme hymne, pour la revue.
Allez, allez, musique...
Raphaël...le nègre juif... »